Cette année, pour célébrer la francophonie, nous avons le plaisir de mettre en lumière la littérature helvétique, en explorant notamment l’œuvre de deux autrices, Isabelle Flükiger et Raluca Antonescu, et de deux auteurs, Eugène et Marius Daniel Popescu, suisses d’origine roumaine, dont les parcours d’écriture diffèrent autant qu’ils se font écho.



Eugène est né à Bucarest six jours avant que l’homme ne marche sur la lune. A l’âge de six ans, il débarque dans un monde plus étrange encore : la Suisse. Il écrit des romans, des nouvelles, des albums pour enfants, des chroniques et des pièces de théâtre. Depuis 2008, il monte régulièrement sur scène pour jouer ses propres romans. Des spectacles durant lesquels il joue tous les personnages : lui-même à six ans, sa mère, son père, un douanier ou… le dictateur Nicolae Ceausescu. Eugène enseigne à l’Institut Littéraire Suisse. „Lettre à mon dictateur” (éd Slatkine, 2022) a reçu le Prix suisse de littérature, le Prix du roman des Romands, ainsi que le prix Payot et Fondation Bataillard. Il a été traduit en italien, allemand, roumain et russe. Son dernier roman „L’ombre de la Belle” (éd Slatkine) revisite le célèbre conte de Perrault et s’intéresse à cette étrange créature qu’est notre ombre.
Isabelle Flükiger (1979) est l’autrice de six romans et d’un livre pour enfants. Récompensée à de nombreuses reprises, elle a également écrit pour le cinéma et participé à des projets artistiques pluridisciplinaires. Avec „Best-seller” (2011) et „Une Suisse au noir” (2025), également paru en allemand, elle propose un regard critique sur la société suisse. „Retour dans l’Est” (2017) explore quant à lui le lien avec les origines et la mémoire, notamment dans sa relation à la Roumanie. Son œuvre incarne une littérature suisse profondément ancrée tout en s’inscrivant dans une histoire européenne marquée par les déplacements, les filiations et les frontières.
Né le 10 juin 1963 à Craiova, Marius Daniel Popescu étudie la sylviculture à l’Université de Brașov avant de débuter en littérature par la poésie. Après la chute du régime de Ceaușescu, il fonde l’hebdomadaire Replica, puis s’installe à Lausanne en 1990, où il travaille comme conducteur de bus. Il publie plusieurs recueils de poésie, dont 4×4 poèmes tout-terrains (1995) et Arrêts déplacés (Prix Rilke 2006). En 2004, il crée Le Persil, journal littéraire romand. Son roman „La Symphonie du loup” (2007) est récompensé par le Prix Robert Walser et le Prix culturel vaudois de littérature. Suivent „Les Couleurs de l’hirondelle” (2012), lauréat notamment du Prix fédéral de littérature, puis „Le Cri du barbeau” (2025). Traduites en plusieurs langues, ses œuvres lui valent une reconnaissance en Suisse romande et à l’international. Régulièrement invité en Suisse et en France, il anime des ateliers d’écriture, lectures et conférences.
Née à Bucarest en 1976, Raluca Antonescu est arrivée en Suisse à l’âge de quatre ans. Elle a vécu une partie de son enfance dans un village suisse alémanique avant de s’établir à Genève. Après une formation aux Arts décoratifs et aux Beaux-Arts, elle travaille à des documentaires puis enseigne les arts plastiques. Actuellement, elle est enseignante d’arts visuels à Genève. Elle a publié quatre romans : „Les Trois cœurs du poulpe” (2025), „Inflorescence” (2021) après „L’inondation” (2014) et „Sol” (2017), tous les deux réédités en poche. Ses textes s’intéressent principalement à la transmission générationnelle, le rapport à la nature sauvage et apprivoisée et la recherche identitaire.






Scrie un comentariu